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         Bulletin du 1er trimestre 2006 de l'Association SOFIOM (Ingénieurs expatriés ou Outre-Mer)
 

L’Humain : enjeu majeur in globalisation en ut mineur

En a-t-on conscience ? S’autorise-t-on seulement à interroger du côté de l’Humain les merveilleuses créations issues de l’héritage industriel colonisateur ? Si non, pourquoi ? Au nom de quelle idéologie ? De quelle division fondatrice, qui a toujours cours pour les héritiers de l’empire Romain-Germanique, aune que nous enseignaient nos livres d’Histoire d’écoliers ?

Relations. Mot-clé des échanges, ceux-là mêmes passant du mode stratifié au nucléarisé, du produit au service, mondialisé. Changement de cap en matière de modes organisationnels, dont l’un des effets est de repousser les limites de nos représentations, bousculant nos habitudes, sises sur notre Culture (ou culture, selon). Habitudes dont de raisonnement, d’imagination, de pensée, si présentes dans nos us & coutumes, et actes, dont de travail.

Car, à notre insu le plus souvent, nous sommes le marteau et non point le forgeron, dans ce début de 21ème siècle autant prometteur qu’inquiétant (1). L’époque actuelle nous invite – que dis-je ! nous convoque ! Ou au contraire nous révoque ! - à être les deux en même temps, c’est-à-dire l’acteur et le système, le penseur et le tâcheron, le tout dans une même unité de temps, lui même changeant de dimensions.

Déplacements. Intérieurs à l’être humain provoqués par l’extérieur, de ce monde (qu’en partie seulement, et ce, malgré les rêves hégémoniques et quelle que soit leur couleur) nous construisons tous et chacun, et chacune, de nos actes quotidiens, petits comme grands.

Pourquoi cette « transformation » ? Accordons-nous le droit de penser « du produit au service » à la manière d’une généalogie. Il existe au Musée du Conservatoire National des Arts et Métiers, à Paris, un modeste objet (2) qui permet d’instrumenter, via la mesure (puisque nous en avons tant besoin !), l’évolution des inventions et leur impact dans notre vie de travail et hors travail. Inscrit dans la chaîne de l’Evolution, question d’ouverture d’esprit, sans doute. Pas mesurable, sinon par la trace de nos actes : « Nos actes s’attachent à nous comme la lumière au phosphore » (3).

Une autre manière de voir, serait de poser « d’une chose, ou d’un objet », à « un, ou une, action », dont les limites sont moins « claires ». Du moins indéfinissables via le vocabulaire et l’architecture de pensée correspondante, propres à définir et utiliser l’objet. Objet, Humain. Profondeurs abyssales… Sartre disait « le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Déformé depuis si longtemps. Naturellement, il parlait de la pensée, dont tout être humain est capable par essence : Pascal déjà l’installait comme signe distinctif de l’homme (être humain) et de la bête (animal). Du XVIe au 21ème.. Peut-être est-il temps enfin de ne plus différer cette réalité ? Enjeu majeur…

Car aujourd’hui on le sait : c’est le corps qui pense. L’effacement progressif des frontières inter disciplinaires me permet, en tant que développeur d’Humain, d’insérer ici le fruit du Travail d’un médecin Québecquois, Réal Choinière, qui un jour, à la croisée de diverses méthodes qui imprégnaient son métier, à chaque patient remis en question, a révélé la psycho-kinésiologie : « le corps sait tout, enregistre tout, et ne ment jamais ». Quand ma recherche partait de la question de l’intelligence humaine créatrice et utilisatrice de tant d’autoroutes et circuits de processus, rencontrant chemin faisant la question, plus fondamentale : « motricité du langage et intelligence du corps ». En réalité derrière ces questions se révèle tout un pan inconnu, ou fort peu, du développement humain : le rôle des émotions autant dans la pensée que la santé, non pas d’un plan conceptuel mais au contraire par le ressenti, l’acte. Nous éprouvons tous des émotions, mais déjà avons-nous le langage pour le dire ? Quand peut-être nos conditionnements nous éconduisent même de cette idée d’expression, laissée aux artistes.

Le langage instrument. Instrument de la pensée. Pensée globale… « Penser globalement et agir localement » René Dubos (4), pensée dont la validité se prouve par l’exercice, tel le fer au feu, sous le marteau du forgeron, ou dans le feu du combat.

2006. Où nous situons-nous dans l’échelle de l’évolution de l’Humanité ? De la succession des civilisations ? Rome encore… Peut-être sommes-nous à la dernière boucle de l’ère de la colonisation ?

Du point de vue de l’évolution des techniques : elles aussi, ont leur époque (2). Une époque, c’est le terreau de l’invention via l’observation des situations et l’expérimentation concrète. André Gide offre tant de merveilleuses petites phrases (3) dont celle-ci : « Chaque chose naît de son besoin, et n’est, pour ainsi dire, qu’un besoin extériorisé ».

Aujourd’hui ce même principe se joue sur d’autres plans. C’est bien pourquoi le coaching, art de métier autant hérité de mes « pères » Sciences Humaines, professant au Conservatoire National des Arts et Métiers que de l’exercice professionnel (20 ans en DRH d’entreprise, 13 ans d’études) est un Travail spécifique. Authentique, fondamental, et non pas un programme de formation de plus, un outillage ou un équipement valant couche de Ripolin supplémentaire.

Ainsi le coaching* que j’exerce, travaille ce déplacement. Le principe en est simple, et chacun de nous l’a expérimenté lors de ses voyages : selon le point de vue ou l’angle sous lequel on se place, selon l’éclairage, le problème change de forme. Travail de déplacement… de soi-même dans le problème. Nécessitant comme chacun peut le pressentir, un cheminement interne, qui se produit par cet Acte de Pensée qu’est ce Travail spécifique de coaching. L’authentique, et non point les pâles copier-coller aussi encombrants et malcommodes que la plupart des productions du consumérisme… machine infernale à fabriquer du besoin sans jamais installer le problème.

« Concrètement », comment s’opère ce Travail de coaching* ?
Séances individuelles. Secret absolu. En quelques séances de Travail (intense) : le problème – quel qu’il soit - qui vous travaille au corps ou vous tient à cœur, prend corps, à l’extérieur, et du coup vous pouvez l’entreprendre à bras le corps, traduire en projet nouveau, ou enrichir vos projets en cours. Bénéfices versant vie « privée » autant que « professionnelle », même si les frontières là aussi tendent à disparaître, toujours dans la voie de l’évolution des formes du travail : de la taylorisation parcellisant le travail en tâches, au service à haute valeur ajoutée requérant l’être humain au travail en son entier, être unique et indivisible. Division générateur de souffrance, souffrance faite pour interroger, plutôt que de poursuivre la reproduction, dans la fuite en avant. Conscience ?

C’est d’ailleurs là l’une des clés de la « créativité ». Les génies ont ce trait, inné diront les uns, quand les autres savent que le génie n’a rien de l’acquis, ce qui clôt le débat infructueux dont se repaissent pourtant, et ce, depuis des générations, les amoureux de la sempiternelle division, ne voyant pas là qu’ils creusent chaque jour un peu plus la tombe de leurs illusions, mot pauvre en français, riche en d’autres langues. Trait de caractère, éclair de génie, figurent au magasin des accessoires du langage : les dictionnaires.

31 Janvier 2006 : à l’heure où j’écris, j’adresse à chacun des lecteurs du bulletin de la SOFIOM mes meilleurs vœux, de bonheur, santé, réussite dans les projets entrepris ou émergents. Parce que tout est possible, en même temps, mais nous l’ignorons, trop occupés à courir après le temps. Le temps est constitutif du Travail, autant que la Santé résulte d’une compréhension globale du Travail. Qui, du coup, peut trouver – ou retrouver – sa place dans la vie Humaine. Or, l’un des gains de ce Travail spécifique de coaching dont je vous parle ici*, est de transformer le rapport au temps… C’est d’ailleurs l’un des fruits du Travail de Pensée. Fi de la division ! Tournons-la donc, cette page du millénaire, puisque nous y balbutions depuis 5 ans maintenant, sur la lancée de la chute du Mur de Berlin mais le bétonnage de tant d’autres ?

* Travail de coaching : séances individuelles, secret absolu. Personne ne peut décider de l’entreprendre pour un autre, mais pour soi. Soi-même, la personne qu’on connaît le moins au monde.

(1) Sigmund Freud, Le malaise dans la Culture, juillet 1929.
(2) Musée du Conservatoire National des Arts et Métiers, le mètre des inventions.
(3) André Gide, Nourritures Terrestres (1917), Nouvelles Nourritures (1935)
(4) Nicolas Hulot, Le syndrome du Titanic, p. 197, éd. poche 01/2005